LA PENSÉE HEBDOMADAIRE - 20 SHEVAT

LA PENSÉE HEBDOMADAIRE - 20 SHEVAT

Nourriture pour l’âme

Y a-t-il quelque chose de mal à se disputer ?

Nous sommes une nation qui se dispute, beaucoup. De l’histoire ancienne, quand Abraham et Moïse se disputaient avec le Divin, au présent, où les briques et le ciment des synagogues et des salles sociales juives vibrent du son sur le plus large éventail de sujets, du froid à la solution à la faim dans le monde.

Mais ensuite nous entendons les cris de paix : « Pourquoi devons-nous nous disputer ? » ; « Tous les problèmes découlent d’un désaccord ! » ; « Si nous étions tous d’accord pour la seule et unique raison d’être en accord, la vie serait si simple et harmonieuse. » Parles-en moi de ça !

D’où vient cette notion que nous devons penser de la même manière ? Où dans la Torah ou dans le sens commun y a-t-il une allusion à l’idée que nous devons tous penser de la même manière ? Oui, il y a des prémisses fondamentales qui ne font pas débat. On ne peut pas tuer. Nous devons croire en un D.ieu. L’adultère est interdit, le Hamas est une organisation terroriste et la négation de l’Holocauste est l’œuvre de Satan et ne peut pas être un sujet de débat sur le campus universitaire. Là-dessus, nous sommes tous d’accord. (Nous ferions mieux !) Mais pour presque tout le reste, du rôle du gouvernement à la différence entre un manager et un leader, et la pléthore d’autres problèmes qui remplissent la bouche et les poches de nos experts, journalistes et animateurs de « talk-show »; cela fait partie d’une société saine.

Cette semaine, nous lisons l’histoire du don de la Torah au mont Sinaï. Dans la Parasha Yitro (Exode, 19 :1), nous lisons qu’après son arrivée au Sinaï, « là Israël campa en face de la montagne ». Rashi dit : « Dans tous leurs autres campements, le verset dit vayachanu [« et ils campèrent », au pluriel] ; ici, est dit vayichan [et il campa », au singulier]. Car tous les autres campements étaient en dispute et en conflit, alors qu’ici ils campaient comme un seul homme, avec un seul cœur. Remarquez que Rashi utilise l’expression « un seul cœur ». Aucune mention « d’un seul cerveau ». Il n’y a aucune preuve que pour le bien de la paix, les Juifs abandonnent leurs opinions !

Certes, le débat doit rester dans le domaine de la discussion objective, où nous discutons du message, pas du messager. Bien que nous puissions contester des idées et être en désaccord avec l’opinion de l’autre, nous devons toujours avoir du respect pour notre adversaire en tant qu’être humain, en tant que juif. Mais dans le cadre d’un débat équitable, nous sommes membres à vie.

D’après un article par Rabbin Levi Avtzon


Chabbat Chalom

La double nature de chabbat

Dans l’Exode, la raison du chabbat est le fait que D.ieu créa le monde en six jours et se reposa le septième. Dans Deutéronome, chabbat commémore l’esclavage égyptien. Dans le premier passage, « D.ieu a béni le septième jour et l’a sanctifié » ; dans le second, « D.ieu t’a commandé de faire le jour du chabbat ». Seul un chabbat peut nous donner la tranquillité nécessaire pour réévaluer nos efforts, percevoir un objectif différent des moyens pour y parvenir, afin que nous puissions travailler et vivre dans un but qui en vaut la peine. Chabbat est le point culminant de la semaine, pas seulement une préparation pour le travail de la semaine prochaine. Existe-t-il un meilleur jour pour étudier ou simplement lire la Torah ? Existe-t-il un meilleur moyen d’apporter la judéité et la chaleur humaine dans nos maisons que par un chabbat traditionnel ? Il y a une sainteté inhérente au chabbat, car « D.ieu l’a sanctifié ». Mais la perfection du chabbat dépend de nous, semble-t-il, car il nous a été « commandé de faire le chabbat ».

D’après un article par Rabbin Zalman Posner


L’esprit sur la matière

Personne « n’a tout »

À certains égards, le 10e commandement « Tu ne convoiteras pas » est le commandement le plus difficile de tous. C’est parce que l’envie ne prend pas en compte l’ensemble du tableau : cela – car personne n’a tout ! Le rabbin Yossy Goldman a écrit : « Comme le dit le proverbe yiddish, chacun a son propre « problème ». Nous portons chacun un sac sur notre dos à travers la vie, un paquet de problèmes, notre propre petit paquet de troubles. Quand on est jeune, on pense que les difficultés sont pour « les autres ». Quand on vieillit, on se rend compte que personne n’est à l’abri. Personne n’a tout. Donc, si vous vous retrouvez à convoiter tout ce qui appartient à votre compagnon, arrêter-vous une minute pour vous demander si vous voulez vraiment tout ce qui est à votre prochain. Lorsque nous voyons réellement de nos propres yeux ce qu’est la vie de l’autre, ce qu’il y a vraiment dans son sac à dos, nous nous sentirons reconnaissants pour notre propre sort dans la vie et choisirons avec bonheur, notre propre « sac à dos », avec tous ses problèmes ».


Pensée du Moshiach

Les dames d’abord

Le but de la sortie d’Égypte était que le peuple juif reçoive la Torah au Mont Sinaï, comme il est écrit : « Quand vous aurez fait sortir le peuple d’Égypte, vous servirez D.ieu sur cette montagne » (Shemot, 3 :12). De l’exode lui-même, il est dit qu’il s’est produit dans le mérite des femmes pieuses de cette génération. Ainsi, lorsqu’il s’agissait de donner la Torah au mont Sinaï, les femmes avaient la priorité. La rédemption messianique, aussi, se produira dans le mérite des femmes justes d’Israël, comme indiqué dans le Midrash : « Toutes les générations sont rachetées en vertu des femmes pieuses de leur génération » (Yalkut Shimoni, Ruth : 606). Ainsi, les femmes seront une fois de plus les premières à recevoir les merveilleux enseignements du Mochiach.

D’après un article par Rabbin J. Immanuel Schochet


J’ai toute une histoire pour vous

Sois comme Jethro

M. Smith, un riche attirer par l’immobilier et les casinos, est en vacances à Cancun. À la plage, il remarque un pêcheur local incroyablement qualifié. À la vitesse d’éclair, il attrape un poisson après l’autre. M. Smith se dirige vers le pêcheur : « dis-moi, qu’est-ce que tu fais ? » « Je m’assois ici et pêche, bien sûr. » « Et ensuite ? » « Eh bien, quand j’en ai assez pour ma famille, je rentre à la maison, je prépare le dîner, je m’assois autour d’un feu de camp avec ma famille et mes amis, je chante des chansons, je bois de la tequila et je vais me coucher ». « Écoutez », lui dit M. Smith, « avec vos compétences en pêche, vous pourriez vendre tout ce poisson supplémentaire et très bientôt, vous pourriez acheter un bateau de pêche et attraper encore plus de poisson ! » « Et ensuite ? » lui demande le pêcheur. « Vous pourriez embaucher plus de pêcheurs, les former et éventuellement acheter toute une flotte de bateaux ! » « Et ensuite ? » « Tu te moques de moi ? Vous pourriez ouvrir une entreprise entière et vendre du poisson à travers le monde, en gagnant des centaines de millions de dollars ! » M. Smith s’exclame avec enthousiasme. « Puis ? » demande le pêcheur, toujours pas convaincu. « Avec ce genre d’argent, vous pourriez vous retirer sur une île, manger de la bonne nourriture, vous asseoir autour d’un feu de camp avec votre famille et vos amis, chanter des chansons toute la nuit, boire à votre guise et dormir comme un bébé ! » Avec un sourire ironique, le pêcheur répond : « Je le fais déjà en ce moment. »

C’est une histoire amusante qui met en lumière la futilité de courir après le succès. Cela soulève une question troublante : qu’est-ce donc qu’on est censé espérer ? Le « succès » s’avère souvent être le sommet d’une montagne où les gens arrivent, et ensuite ils sont carrément misérables. Tu sais pourquoi ? Parce qu’en fin de compte, nous sommes coincés dans notre peau, nous sommes limités aux frontières de notre propre succès. N’y a-t-il vraiment rien de plus grand et de plus excitant ? Jethro [dans la Parasha Yitro], connaissait la réponse. Dans les premiers versets, nous lisons : « Jethro, le chef de Madian, entendit tout ce que D.ieu avait fait pour Moïse et pour Israël d’Égypte…[et] Jethro…vint vers Moïse, vers le désert où il campait, jusqu’à la montagne de D.ieu ».

Qui était Jethro ? En plus d’être le beau-père de Moïse, il était un haut fonctionnaire et prêtre païen. Il avait tout essayé. Et maintenant, à son âge avancé, il a tout jeté et s’est joint à une bande d’anciens esclaves israélites dans le désert en marche vers la Terre promise. Tout un personnage !

Je veux vous diriger vers Rashi, qui demande : « Quelles nouvelles a-t-il entendues qui l’ont [obligé] à venir ? » C’est une question étrange. Après tout, le verset dit explicitement ce que Jethro a entendu : « Tout ce que D.ieu avait fait pour Moïse et pour Israël en sortant d’Égypte ». Pourquoi alors, Rashi pose-t-il une question à laquelle le verset répond clairement ?

Regardez à nouveau les paroles de Rashi. Il ne demande pas simplement : « Qu’est-ce que Jethro a entendu ? » Plutôt : « Quelle nouvelle a-t-il entendue qui l’a [obligé] à venir? » Ces mots supplémentaires sont critiques. Après tout, il aurait pu rester chez lui et se rendre à la cour juive locale et s’y convertir. Pourquoi a-t-il eu besoin de faire le voyage long et ardu dans le désert pour réellement changer de vie ?

Jethro ne s’est pas simplement converti. En fait, il est venu rejoindre les Juifs, dans le désert de tous les lieux. Dans sa recherche de la vérité ultime, il a abandonné sa position pépère à la maison et a rejoint le destin avec une bande d’esclaves errant dans un désert. Jethro comprenait quelque chose de profond à la vie en général et au judaïsme en particulier. Il a compris que rejoindre le peuple juif et recevoir le don de la Torah nécessite une bonne compréhension de ce qu’est la Torah. Ce n’est pas seulement un beau livre que vous pouvez lire et utiliser pour guider votre vie. Ce n’est pas seulement un code moral, une façon de mener une « vie inspirée ». C’est beaucoup plus que tout ça. C’est le ticket pour dépasser votre humanité chétive et traverser le pont vers le Divin. Pour se connecter avec D.ieu.

Et vous ne pouvez pas le faire dans le confort de votre canapé. Vous devez prendre des mesures audacieuses pour défier votre propre finitude. Le mouvement audacieux de Jethro nous apprend à bouger, radicalement. Sortir de votre zone de confort et faire quelque chose de fou qui vous sortira de la prison de votre propre peau.

Gardez chabbat la semaine prochaine comme une personne folle. Faites-le. Soulevez-vous par vos propres moyens et sortez du réseau pendant 25 heure entier, comme un vrai juif. Ou, apprenez à lire l’hébreu. Faites-le maintenant. Allez simplement en ligne et suivez des cours. Vous avez eu l’idée. Faites une petite chose folle. Quittez votre position confortable comme Jethro et faites un pas dans le désert où les choses sont incertaines. Faites un pas, pour l’amour du ciel. Et puis, le ciel viendra vous chercher. 

D’après un article par Rabbin Aharon Loschak

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